L’INDISSOCIABLE RAPPORT ENTRE L’ÉDUCATION DES FILLES ET LE PROGRÈS QUALITATIF DU GENRE

Par Light Kadiata

A l’aube de la 4ème révolution industrielle caractérisée essentiellement par l’industrie 4.0, laquelle se définit comme l’intégration de technologies numériques intelligentes dans les différents processus de fabrication industrielle, et dont l’impact à ce jour a remodelé les sphères sociales, économiques et politiques jusqu’au point d’élargir notre champ de possibilités en montrant notamment notre dépendance irréversible à la Science en général et à la Technologie en particulier.

Nous sommes plongés dans un monde où l’on ne cesse d’apprendre et de découvrir de choses nouvelles. Le modèle dominant de production et de consommation (l’homme et la femme) a surchargé le système économique et social entrainant le monde entier dans un nouvel écosystème du monde globalisé dans lequel la compétition y est au maximum. Dans cet apogée désormais techno centrique, les ressources humaines sont de plus en plus rationnalisées afin de créer un système de gouvernance dans lequel le mérite détermine la hiérarchie (C’est-à dire la femme et l’homme qu’il faut à la place qu’il faut) loin du favoritisme et de la discrimination dans son extension.

Un nouveau type d’élite est en train de voir  le jour, il s’agit de l’élite qui a le profil adapté et dont la capacité à produire un résultat excellent à tous les niveaux est considérée comme indiscutable. Notre déduction logique face à ce paradigme factuel est qu’à cette allure, l’élite moyenne, l’élite sans formation continue et tous ceux qui ne sont pas parfaitement qualifiés dans leur domaine, et dont la maitrise dans leur corporation respective est jugée approximative,- n’ont plus de place, et donc inutilisable et inexploitable dans la nouvelle cybernétique de gestion qualitative et quantitative des ressources.

Dans ce contexte imposable à tous, la RD Congo à travers son Gouvernement s’est engagée depuis 2019 à rendre effective la gratuité de l’enseignement sur toute l’étendue du territoire national dans le but de permettre un accès équitable à l’éducation pour tous. Le nombre significativement croissant des filles et leur accès sans entrave à l’enseignement primaire vient renforcer le combat du Genre et de la Sociologie du sexe : Cette fois-ci dans la balance mesurant la percée non seulement quantitative par le constat irréfutable de la participation en nombre des filles

à l’école, mais surtout qualitative par la qualité de la matière disponibilisée par le Ministère de l’éducation nationale pour les filles et les garçons sans distinction des sexes.

Les enjeux de l’heure sont si importants qu’il faut à tout prix réussir à restaurer l’image de la femme congolaise en général, de la petite et de la jeune fille afin de capitaliser positivement le genre à travers l’institutionnalisation d’une éducation de qualité comme facteur de développement durable. Car il a été prouvé à suffisance par de nombreuses études que : Les jeunes filles éduquées dans les conditions requises acquièrent au sortir de leur cadre de formation Scolaire/ Académique, le savoir-être et le savoir-faire leur permettant ainsi d’être des citoyennes actives et engagées pour la cause commune, ayant la capacité de défendre leurs droits, de choisir librement un emploi, d’être indépendantes financièrement et de prendre davantage soin d’ellesmêmes et de leurs familles.

Dans son discours lors de la cérémonie commémorative de la Journée internationale des femmes et des filles de Sciences à l’APUKIN-Université de Kinshasa (UNIKIN), le 11 février 2019, Monsieur Jean-Pierre IIbourdo représentant pays de l’UNESCO d’alors en RD Congo, – a salué la décision du Gouvernement de l’avoir associé à ladite cérémonie. Cela témoigne de l’intérêt de la RD Congo pour la promotion des femmes et des filles et ce conformément aux engagements de l’agenda 2030 des Nations-Unies et de l’agenda 2063 de l’Union Africaine, pour l’émergence de notre continent et de nos générations futures.

Eu égard de ce qui précède, nous pouvons faire un rapport triadique entre l’Education/Instruction des filles, le Développement humain durable et l’avancée aussi bien quantitative que qualitative du genre en RD Congo ; le traitement rigoureux des ressources humaines sans distinction des sexes afin d’en tirer profit au maximum est la clé de voûte pour la création d’un  modèle social pérenne au standard universel selon Gosta Esping Andersen Professeur de sociologie et spécialiste des systèmes de protection sociale.

Maintenant la prospective politique nous oblige de lancer une alerte au Gouvernement en rapport avec l’état de la gratuité de l’enseignement et l’échec constaté de plusieurs mesures d’accompagnement, l’État congolais doit utiliser rationnellement et responsablement les ressources destinées à l’éducation nationale de qualité en tenant compte des conditions socio-économiques des enseignants et des conditions d’apprentissage des enfants.

A l’ère de la révolution 4.0 telle que citée en marge de notre esquisse analytique, l’usage du numérique dans le processus d’apprentissage est considéré comme indispensable pour l’acquisition des compétences techniques parce que la Science, la Technologie et l’Innovation (STI) sont des éléments clés de la croissance et du développement tant à l’échelle internationale que nationale. Or un développement équitable, inclusif et durable ne pourra être atteint que si les priorités, besoins, attentes, responsabilités et compétences des femmes autant que des hommes sont pris en considération lors de l’élaboration, de la mise en œuvre et de l’évaluation des politiques en matière d’éducation qualitative. Ce qui malgré la volonté politique s’avère encore loin d’être le cas aujourd’hui.

KADIATA LIGHT LALALI. Chef de travaux d’université

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